J’aimerais interroger un point…
Publié le 13 mai 2026

J’aimerais interroger un point…
Pendant une quinzaine d’années, j’ai travaillé au service des artistes chrétiens.
Que l’on parle de performances musicales ou vocales, d’originalité créative, de qualité des animations scéniques, de sonorisation, d’éclairages : en de nombreux endroits, l’Eglise est devenue exemplaire en termes de recherche d’excellence.
Cela tranche avec une époque faite de bricolage prétextant que l’important, c’était le cœur qu’on y mettait.
Pourtant, et sans rejeter ce qui est honorable, j’aimerais interroger un point.
En progressant ainsi, l’industrie musicale a fortement influencé l’Église par ses standards et exigences.
Dans certains contextes, certaines cultures, certaines Églises, l’effet pervers de cette professionnalisation s’est manifesté par une forme de glissement :
– de l’état de “participants” à celui de “spectateurs”,
– de l’état de “conducteurs de louange” à celui de “performers-artistes-interprètes”.
Lorsqu’une personne reçoit de Dieu un talent artistique, et que ce talent devient une carrière faite de scènes, de branding, et d’exigence de fournir des émotions, il se passe quelque chose.
La frontière peut être fine entre la conduite de louange et la fourniture de prestation.
Ayant côtoyé de nombreux artistes, ayant participé ou organisé plusieurs concerts, j’ai constaté de mes yeux leur cœur, leur sincérité et parfois leur esprit de sacrifice.
Mais je pose une question que tous, artistes ou participants, nous devons nous poser sincèrement : à quel endroit veut-on que ces concerts nous mènent ?
Dans des émotions ? Ou dans une transformation ?
J’ai assisté à de nombreux cas de personnes qui ont changé de vie ou pris des décisions importantes lors de ces événements.
À l’inverse, parfois, les expériences vécues n’étaient que des réactions physiologiques du système nerveux, suscitées par des stimuli externes, notamment une musique finement construite par de talentueux techniciens.
Et je ne conteste pas le fait que ces réponses physiologiques peuvent tout à fait venir soutenir des prises de décisions transformatrices : nos corps et nos émotions nous sont offerts par Dieu.
Je suis reconnaissant pour ces événements-spectacles.
Mais là où ils prennent toute leur valeur, là où ils ont réussi leur intention, c’est quand ils sont préparés et/ou suivis d’une expression de louange dans la solitude, dans le lieu secret.
Et cela est vrai autant pour les artistes que pour les participants.
Lorsque la scène est démontée, que les projecteurs sont éteints, reste-t-il des personnes qui se plaisent à louer Dieu ? A se placer humblement à genoux devant lui ?
Si oui, alors ces concerts ont rempli leur mission.
Ils ont pu donner le coup d’accélérateur, l’impulsion qui a enclenché une transformation dans l’attitude quotidienne des personnes.
C’est le but de ces temps de louange et de concerts : former une Église solide, stable, enracinée dans une relation continue avec Dieu.
Ces événements ne sont jamais des fins en soi, toujours des moyens d’enrichir durablement la relation de chacun, artistes ou participants, avec leur Père.
Աստված օրհնի քեզ – Asdvadz orhni kéz – Que Dieu te bénisse

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