Jérusalem, 1961
Publié le 12 mai 2026

Jérusalem, 1961
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Nous en sommes en 1961.
À Jérusalem, se tient un procès historique suivi dans le monde entier : celui d’Adolf Eichmann.
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, il a occupé plusieurs fonctions comme coordinateur, organisateur et directeur de la déportation des Juifs vers les ghettos et les camps d’extermination.
1600 documents, 108 témoins survivants, et de nombreux témoins experts, historiens ou chercheurs sont sélectionnés par l’accusation.
La philosophe Hannah Arendt couvre le procès.
Et elle y découvre le visage du Mal.
Pour elle, celui-ci n’a pas du tout les allures du monstre cornu au regard hargneux et à la voix caverneuse.
Non.
Eichmann, responsable majeur dans la déportation ayant conduit à la mort de plusieurs millions de personnes, apparaît comme un simple fonctionnaire.
Juste un bureaucrate consciencieux, à la fois exécutant et impliqué.
Au moyen de l’exemple d’Eichmann, elle théorise la “banalité du mal”, qui lui a valu d’être accusée de minimiser la responsabilité du criminel nazi.
À partir de ses observations, des documents, des témoignages, des milliers d’heures d’audience, elle parvient à démontrer que le mal absolu, celui qui peut envoyer des millions d’innocents à l’extermination, n’a pas besoin d’une foule de sadiques sanguinaires.
Il peut être commis sans haine apparente, mais simplement par absence de pensée critique chez des individus ordinaires, incapables de juger moralement leurs actes.
Dans les documents qu’il signait, dans les ordres qu’il donnait, ne figuraient généralement pas de formules de haine ou de fanatisme, mais simplement une terminologie administrative froide et stéréotypée.
À l’inverse, la foi chrétienne, si elle est vécue conformément à la façon dont la Bible nous y invite, conduit constamment le croyant à un exercice d’introspection.
Elle ne rejette pas le doute. Au contraire, elle encourage à s’examiner soi-même, à faire acte de repentance, à chercher le Bien commun.
Certains esprits mal informés voient la foi comme un fanatisme qui empêcherait de penser.
Elle est peut-être l’un de ses meilleurs remparts.
Car cette machine idéologique et administrative qui a tué 6 millions de Juifs, a eu besoin, pour sa mise en œuvre, d’hommes obéissants comme Eichmann, qui trouvaient leur place dans l’application aveugle d’ordres ne réclamant pas d’évaluation personnelle.
Apprendre à penser, apprendre à exercer une foi libre, intelligente et éclairée, c’est précisément un moyen de lutter contre les dérives d’un système capable d’emmener un peuple à l’extermination.
À ceux qui pensent que la foi est incompatible avec une réflexion intelligente, rappelons qu’elle est une école de discernement, une invitation permanente à refuser d’obéir aveuglément, et sans doute l’un des plus sûrs moyens de rester pleinement humain.
Աստված օրհնի քեզ – Asdvadz orhni kéz – Que Dieu te bénisse

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