La grasse chenille et le gracieux papillon — butterfly

La grasse chenille et le gracieux papillon

Publié le 15 juin 2026

La grasse chenille et le gracieux papillon

🎧 Version audio

On estime souvent que les critères moraux sont fondés sur la justice.

Or, notre expérience quotidienne montre que, si l’on n’y prend garde, nos critères moraux sont d’abord esthétiques, affectifs, subjectifs.

Nous jugeons par les apparences avant de juger par la valeur objective.

Le papillon gracieux et coloré est admiré. La chenille grasse, poilue et ondulante est repoussée.

Le hamster ou le lapin nain sont cajolés par les enfants. La souris ou le rat qui s’infiltrent dans tes canalisations sont des nuisibles à éradiquer.

La morale est d’abord définie par une affaire de goûts, de sentiments, d’appréciations esthétiques, de confiance ou de peur. Elle n’est pas premièrement une affaire de justice.

C’est la raison pour laquelle, pour éviter les effets parasites des critères non-pertinents, les critères moraux doivent se situer au-delà de ce qui satisfait les sens.

Spontanément, nous ne sommes pas attirés vers ce qui est vrai, mais vers ce qui satisfait nos sens. Qu’il s’agisse de la vue du papillon, du toucher ou de l’odeur du rongeur, du goût d’un aliment ou du chant d’un oiseau.

Ce qui procure du plaisir est nommé “bien”. Et est considéré comme “mal” ce qui nous met en situation d’inconfort.

Mal encadrés, les critères moraux sont souvent le reflet de nos préférences, de nos peurs, de nos insécurités. Alors nous tentons des contorsions sémantiques et des raisonnements alambiqués pour tenter de faire se rencontrer le bien objectif avec les désirs pas si féconds, ni favorables au Bien commun.

Lorsqu’on parle de bien et de mal, prend-on la peine de s’interroger sur l’essence même de ce qui est jugé ?

Ou bien se contente-t-on de ranger les apparences disgracieuses ou inconfortables dans une grande benne commodément nommée “le mal”.

Le monde adore ce qui brille, mais tout ce qui brille n’est pas d’or !

A l’inverse, le bon peut être délaissé, simplement en raison de son aspect peu attirant, exigeant, complexe.

Chercher la valeur là où les autres ne voient que sujet d’indifférence, de dédain ou de rejet, demande du courage.

La vérité commence bien souvent au moment où tu t’éloignes de la foule et commences à apprécier avec un regard défait de ses interférences.

Lorsque la Bible déclare que “l’homme regarde à ce qui frappe les yeux mais l’Eternel regarde au cœur” (1 Samuel 16:7), elle nous invite à déplacer le centre de gravité de nos critères d’appréciation.

Jésus lui-même, homme parfait, n’est-il pas présenté comme n’ayant “ni beauté, ni éclat pour attirer les regards” ? (Esaïe 53:2)

Il s’adresse aux pauvres, aux exclus de la société de son époque. Il prend le temps de libérer le démoniaque qui fait fuir tout le monde, ou de guérir l’aveugle qui n’intéresse personne.

Dans ce que le monde rejette ou délaisse, c’est précisément là qu’il aime révéler sa richesse.

Et qu’il te propose de la trouver.

Աստված օրհնի քեզ – Asdvadz orhni kéz – Que Dieu te bénisse

Signature Pascal

Tous droits réservés © 2026 – Pascal Portoukalian
37 Gurzadyan – Yerevan – Arménie