L’art d’avoir toujours raison
Publié le 9 mai 2026

L’art d’avoir toujours raison
🎧 Version audio
Nous sommes dans une époque ou une même idée peut être perçue comme la pure vérité ou le pire des mensonges.
Et ceci est possible simplement par la manipulation de concepts rhétoriques.
Car la nature humaine préfère un mensonge dit avec assurance, plutôt qu’une vérité hésitante.
De fait, détenir la vérité n’est pas suffisant : encore faut-il savoir la partager avec assurance et arguments.
Et je ne parle pas uniquement de vérités spirituelles. Des millions de personnes aujourd’hui ne savent plus définir comme vérité des concepts simples comme le fait d’être un homme ou d’être une femme.
Au XIXème siècle, Schopenhauer expliquait ceci dans “L’art d’avoir toujours raison”.
Avoir raison, ce n’est plus détenir la vérité.
C’est gagner un débat.
C’est obtenir la victoire.
Pour cela, de nombreux stratagèmes sont à l’œuvre, et tu peux les identifier assez facilement chez ceux dont une part majeure de l’activité repose sur l’opposition à des avis divergents, comme les personnalités politiques. En voici quelques-uns :
– détourner le sujet
– caricaturer la position adverse
– jouer sur l’émotion
– attaquer la personne plutôt que les idées
– exploiter l’ignorance du public
– etc
Et c’est ainsi que tu vois des personnalités continuellement s’attacher à s’indigner plutôt que de construire une argumentation rigoureuse, feignant ainsi de détenir la vérité.
Sophismes, mauvaise foi, crédibilisation d’une idée par la répétition, envahissent des sphères de plus en plus larges de notre quotidien.
Il n’y a qu’à regarder des instances comme l’assemblée nationale. Il est très rare aujourd’hui de voir des camps politiques chercher à s’enrichir des idées des autres en vue de poursuivre la vérité ou le bien commun. L’enjeu, c’est de gagner face à l’autre. Point.
Nous avons naturellement tendance à organiser un raisonnement non pour découvrir ce qui est vrai, mais pour défendre l’idée que l’on veut croire.
Et cette attitude se retrouve aussi – mais pas uniquement bien sûr – dans l’Eglise et dans le témoignage chrétien.
On se contorsionne dans des argumentations alambiquées pour arriver à la conclusion que l’on veut atteindre.
Or, si la foi chrétienne est un processus, si la sanctification est une marche, il nous faut admettre que, tout au long de notre parcours de foi, se trouvent des zones grises, faites d’incompréhensions, de doutes, voire d’oppositions.
Des territoires encore flous qui nécessitent plus de temps, d’expériences, de révélations.
D’erreurs aussi, desquelles on apprend.
Il est normal d’arriver au soir de sa vie sans avoir résolu toutes les questions que l’on se posait.
Ce n’est certes pas toujours très populaire, surtout dans notre monde post-moderne.
Mais c’est le seul moyen de marcher dans la vérité.
Cette vérité qui selon la Bible, est seule capable de rendre libre (Jean 8:32).
Աստված օրհնի քեզ – Asdvadz orhni kéz – Que Dieu te bénisse

Tous droits réservés © 2026 – Pascal Portoukalian
37 Gurzadyan – Yerevan – Arménie