Le Code Noir
Publié le 8 juillet 2026

Le Code Noir
Le 28 mai dernier, l’Assemblée Nationale française abrogeait à l’unanimité le Code Noir.
Cet ensemble de textes juridiques, promulgués sous Louis XIV, réglementait l’esclavage et le statut des personnes réduites en esclavage dans les colonies françaises.
En 1848, la France abolissait l’esclavage, rendant ce texte inapplicable.
Si presque deux siècles après, cette décision ne change donc rien en termes de droit, elle dit quelque chose de la force du symbole : un texte, même mort juridiquement, peut encore vivre symboliquement.
Les symboles ne sont pas vides ni dénués de sens.
Si nous reconnaissons qu’un vieux texte devenu sans effet juridique pouvait encore porter une charge symbolique suffisamment forte pour justifier son abrogation par les plus hautes sphères de la représentation nationale, alors nous devons admettre que les symboles façonnent notre manière de voir le monde.
Dans une perspective chrétienne, cette réalité est fondamentale.
La Bible est traversée de symboles : l’arc-en-ciel après le déluge, la Pâque, le pain et le vin, l’eau du baptême, la croix. Ils ne sont pas de simples ornements religieux : ils rendent visibles des vérités invisibles.
Le symbole agit sur la mémoire, l’imagination et le cœur. Il transmet une compréhension de la réalité. Les peuples élèvent des monuments, conservent des drapeaux ou débaptisent certaines rues, car ils savent que les symboles parlent.
Les chrétiens l’ont toujours compris.
La croix n’est qu’un morceau de bois dans sa matérialité. Pourtant, elle évoque le sacrifice du Christ, la réconciliation avec Dieu et l’espérance du salut. Elle est le signe d’une réalité qui la dépasse infiniment.
Si nous estimons légitime d’effacer du droit français un symbole associé à l’esclavage afin de marquer clairement ce que nous condamnons, nous pouvons aussi comprendre pourquoi les symboles chrétiens rappellent ce que nous croyons, ce que nous honorons et ce vers quoi nous voulons tendre.
Ils ne sauvent pas, mais ils témoignent. Ils ne remplacent pas la réalité, mais ils y renvoient. Et parce que l’être humain n’est pas seulement un être de raison mais aussi de mémoire, d’affection et de représentation, les symboles conservent toute leur pertinence.
Dieu lui-même a choisi de parler au travers de signes visibles.
L’Incarnation en est l’exemple suprême : le Dieu invisible s’est rendu visible en Jésus-Christ. Dès lors, il n’est pas étonnant que la foi chrétienne accorde une telle importance aux symboles. Ils ne sont pas des accessoires de la vérité ; ils en sont souvent les messagers.
Les symboles portent une mémoire et une vision du monde. Il nous appartient de décider lesquels nous choisissons de conserver et d’honorer, pour mieux transmettre les réalités qui nous habitent.
Աստված օրհնի քեզ – Asdvadz orhni kéz – Que Dieu te bénisse

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