L’ours en peluche de Borja

Publié le 12 mai 2026

L’ours en peluche de Borja

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Tout le monde a vu cette image.

Presque tout le monde en a ri.

Quelques-uns ont été horrifiés.

Dans l’église de Borja, au nord de l’Espagne, une bénévole de 81 ans a voulu restaurer un portrait du Christ.

Problème : son travail n’a pas été exactement fidèle à l’original… Malgré sa bonne volonté, ce Jésus tout ce qu’il y a de plus classique est devenu une sorte d’ours en peluche.

La presse s’est emparée du sujet. Et cette peinture est devenue un sujet de moquerie international.

La pauvre Cecilia Gimenez – c’est le nom de cette restauratrice approximative – est tombée en dépression.

Elle ne s’alimentait plus, ne sortait plus de chez elle, de crainte de rencontrer quelque média ou personne pour la moquer.

Mais…

Borja comptait habituellement 5000 habitants, et 5000 touristes par an.

Cette soudaine mise en lumière a attiré les touristes. Dès la première année, 40.000 visiteurs se sont pressés pour voir de leurs yeux cette œuvre, devenue la plus célèbre de la ville. Et malgré elle, une icône pop contemporaine.

Cet afflux a généré des recettes. De nouveaux emplois ont été créés. Des soins pour les personnes âgées de Borja ont pu être financés. Le patrimoine local a pu être entretenu.

Cecilia Gimenez a perçu des droits sur les reproductions de son œuvre : à chaque fois qu’une affiche, un magnet, un mug la reproduisait, ce sont quelques centimes qui sont tombés dans l’escarcelle de la vieille dame.

Jusqu’à finir par devenir une somme rondelette qu’elle a reversé à la recherche contre la dystrophie musculaire, qui avait emporté son fils.

Pour les habitants de Borja, aucun doute : c’est un miracle.

Ce ratage a favorablement changé leur quotidien.

Et surtout, il a changé le regard porté sur celle qui en était à l’origine.

Peu à peu, les moqueries ont laissé place à une forme de tendresse : ce “désastre” n’était pas une œuvre de mépris… mais une œuvre d’amour.

Ce que le monde a d’abord regardé comme une faute est devenu une source de bienfaits, et l’erreur irréparable s’est transformée en une bénédiction inattendue.

Cette fresque déformée exprime une parole que ce Christ aux allures de nounours aurait pu dire à tous ces visiteurs : “Tes échecs ne signent pas ta fin. Je peux en faire une bénédiction. Place entre mes mains ce que tu as abimé, et je vais le transformer pour te transformer.”

A Borja, ce visage du Christ a été raté.

A travers lui, une ville a été relevée.

Et une dame âgée a été l’instrument utilisé pour faire le bien autour d’elle.

Elle voulait restaurer le Christ.

C’est elle qui a été restaurée.

Աստված օրհնի քեզ – Asdvadz orhni kéz – Que Dieu te bénisse

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