Quand la foi a un prix
Publié le 2 juillet 2026

Quand la foi a un prix
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J’ai présenté hier les chrétiens d’Egypte, pour préparer la Pensée d’aujourd’hui.
Il existe une tradition chez les Coptes, principalement chez les Orthodoxes mais aussi dans une moindre mesure chez les Catholiques et les Protestants.
Celle-ci consiste à tatouer une petite croix à l’intérieur du poignet droit.
Elle remonte au Moyen-Âge et se pratique souvent sur les très jeunes enfants.
Cette croix aurait initialement servi, durant certaines périodes de domination islamique, à identifier les chrétiens soumis au statut de dhimmi et au paiement de la jizya.
Dans des contextes marqués par des pressions, des discriminations ou des conversions forcées, les familles auraient ensuite fait volontairement tatouer leurs enfants afin d’affirmer et de préserver leur identité chrétienne, même en cas d’enlèvement.
Avec le temps, ce tatouage est devenu symbole de courage face à l’adversité.
Cette tradition perdure, et pas uniquement chez les Coptes.
On la retrouve par exemple chez :
– les orthodoxes d’Ethiopie et d’Erythrée,
– certaines communautés du Levant : syriaques, assyriennes ou arméniennes,
– les Arabes chrétiens de Syrie, du Liban ou de Palestine,
– et l’on en voit aussi des traces ailleurs en Europe de l’Est et au Moyen-Orient.
Cette pratique ne doit pas être confondue avec les croix que des pèlerins se font tatouer après un pèlerinage en Israël, ni avec les tatouages ornementaux pratiqués à l’âge adulte en Occident.
Cette petite croix discrète invite à nous interroger : qu’est-ce qu’être chrétien quand la foi a un prix ?
Pour beaucoup de ces familles, ce signe n’était pas un ornement. Il rappelait qu’on appartient au Christ avant d’appartenir à un peuple, à une culture ou à une nation. Il exprimait une réalité que les premiers chrétiens formulaient déjà : « Nous sommes au Seigneur ».
En Occident, où la foi peut souvent être vécue sans opposition particulière, il est facile de réduire le christianisme à une tradition culturelle ou familiale, voire à une opinion personnelle. L’histoire des chrétiens d’Orient nous rappelle au contraire que la foi engage toute la personne.
Bien sûr, l’Évangile n’ordonne nulle part de se faire tatouer ! Le signe visible n’a de valeur que s’il correspond à une réalité intérieure. La vraie marque du chrétien n’est pas sur la peau mais dans le cœur, la fidélité à Jésus, la persévérance, l’amour des ennemis, l’espérance malgré l’épreuve.
En Galates 6:17, Paul, parlant des souffrances endurées pour l’Évangile, écrivait : « Je porte sur mon corps les marques de Jésus-Christ ».
Les Coptes, comme beaucoup d’autres chrétiens persécutés à travers l’histoire, nous rappellent que suivre Jésus ne se réduit pas à une identité sociale : c’est un attachement profond et souvent coûteux.
Cette petite croix tatouée devient alors le signe d’une fidélité réciproque : ces chrétiens demeurent fidèles à Jésus.
Et Jésus demeure fidèle aux siens.
Աստված օրհնի քեզ – Asdvadz orhni kéz – Que Dieu te bénisse

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