Une histoire héroïque

Publié le 13 mai 2026

Une histoire héroïque

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1915. L’ombre de la mort s’étend sur les Arméniens de l’Empire Ottoman.

Par paquets de quelques dizaines à quelques centaines de personnes, ils sont délogés et déportés. Deux tiers d’entre eux seront massacrés. Des plus grandes villes aux plus petits hameaux, le nettoyage de ces populations chrétiennes présentes depuis l’Antiquité est méthodique et impitoyable.

Au sud de la Turquie, surplombant la Méditerranée, se trouve un piton rocheux nommé Musa Dagh.

S’élevant à 1300 mètres, il plonge directement dans la mer et domine une vaste plaine sur laquelle sont établis plusieurs villages arméniens.

Le pasteur protestant Dikran Andréassian, originaire de la région, est alors en poste dans une autre région. Déporté comme tant d’autres, il voit l’horreur des massacres.

Mais au cours de son déplacement forcé, sa libération et son renvoi dans son village d’origine ont pu être négociés par des missionnaires américains.

Cela allait avoir une importance cruciale.

De retour parmi les siens, il informe alors la population de la réalité cachée derrière ces supposés “déplacements temporaires” : leur massacre pur et simple.

Douze jours après son arrivée, parvient l’ordre de déportation des villageois de la plaine de Musa Dagh. Il les convainc de ne pas obéir mais de s’enfuir et défendre une position imprenable, sur les hauteurs.

Les 4000 habitants abandonnent maisons et terrains, emportant troupeaux, quelques vivres et barils de poudre.

Et ils prient.

Telle l’armée romaine assiégeant la population juive sur la montagne de Massada, les 5000 hommes de l’armée turque ceinturent toute la montagne, à l’exception de la portion abrupte plongeant dans la mer.

Deux immenses drapeaux blancs sont cousus, portant une croix rouge et la mention « SOS – Chrétiens en détresse ».

Et les jours passent.

Un bateau apparaît alors à l’horizon.

L’amiral français Louis Dartige du Fournet alerte d’autres navires et devient le sauveur des Arméniens du Musa Dagh.

Après 53 jours de siège, à l’aide de radeaux et de canots, tous rejoignent les navires français Guichen, Desaix, Jeanne d’Arc, D’Estrées et Foudre, qui les débarqueront plus tard en lieu sûr à Port-Saïd, en Égypte.

Une plaque commémorative de Louis Dartige du Fournet a récemment été dévoilée à Yerevan, sur le Mur des Justes longeant le Mémorial du Génocide Arménien.

Derrière cette plaque a été scellée un peu de terre prélevée dans la tombe de l’amiral en Dordogne.

Aujourd’hui-même, 24 avril, jour commémoratif du génocide, nous nous rendrons et nous recueillerons sur ce lieu avec un groupe venu de France et de Suisse.

Au cœur de l’enfer du génocide, Dieu a envoyé ces sauveurs français extraire ce petit troupeau des griffes sataniques, renforçant de la plus glorieuse des manières une amitié solide entre les deux nations dont je suis l’héritier.

Աստված օրհնի քեզ – Asdvadz orhni kéz – Que Dieu te bénisse

Signature Pascal

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