Une petite piqûre et puis s’en va…
Publié le 18 août 2026

Une petite piqûre et puis s’en va…
En français le mot “paria” désigne une personne rejetée de la société, exclue des droits dont jouissent les autres.
Etymologiquement, ce mot vient du tamoul “paraiyar”, signifiant littéralement “joueurs de tambour”.
Ces joueurs de tambour sont les membres de la caste la plus basse de l’Inde. Ils sont totalement exclus de la société. Leurs droits se résument à peu près en un mot : aucun.
L’un des jeunes Indiens avec lesquels je me suis lié d’amitié en Arménie m’a raconté que son grand-père a connu le temps où, lorsque ces Intouchables traversaient un village, ils devaient le faire en courant, après avoir retiré leurs chaussures et les avoir posées au-dessus de leur tête, signe d’humiliation absolue.
Certaines personnes de castes supérieures se lavent le corps si leur ombre a croisé l’ombre d’un paria.
Quand on fait partie de ces parias, une simple preuve d’affection peut avoir une valeur gigantesque.
Un geste, un toucher, un regard, un morceau de pain tendu, et c’est toute une identité humaine qui refait surface. On retrouve une valeur et une dignité dont l’organisation sociale nous prive.
Quand ton existence devient ainsi indésirable aux yeux de la société, si ton regard arrive à croiser le regard d’affection et de tendresse que Jésus veut poser sur toi, alors tu peux saisir à quel point ta vie est précieuse.
Les actuels débats sur l’euthanasie veulent nous amener bientôt à nous débarrasser légalement de nos parias.
Ces personnes malades ou désespérées sans lesquelles la société serait supposée se porter tellement mieux.
Tu gémis trop, tu n’apportes rien, tu coûtes…
Allez hop : une petite piqûre et puis s’en va, le paria.
Scandaleusement portée par des pseudo défenseurs d’un joliment nommé “droit à mourir dans la dignité”, cette pratique infâme viendra précisément dépouiller la dignité de tous les vivants en supposant que leur vie peut ne plus être digne.
Plus digne de mobiliser les budgets médicaux et sociaux. Plus digne d’être visible parmi les autres. Plus digne de compter parmi les vivants.
Or, si mourir dans la dignité signifie quelque chose, ce doit être de partir en se sachant aimé même dans l’extrême faiblesse ; en se sachant porté – par ses amis, ou sa famille, ou tout du moins par la société, qui nous considère toujours comme l’un(e) des siens.
Notre société dérape quand elle agit avec ses plus vulnérables comme s’ils étaient des parias.
En tant que membres d’une organisation humaine, il est de notre devoir de recueillir ces parias dont personne ne veut – et que nous serons peut-être un jour – et de les accompagner vers leur départ dans la dignité, la vraie dignité, c’est-à-dire conscients qu’”elle a du prix aux yeux de l’Eternel, la mort de ceux qui l’aiment”. (Psaume 116:15)
Աստված օրհնի քեզ – Asdvadz orhni kéz – Que Dieu te bénisse

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